Nos orientations de travail

Nos premières formations ont été pensées  à partir des attentes  de nos partenaires, inscrits à leur place propre dans l’accompagnement des personnes en précarité, et intéressés par notre approche clinique de ces personnes. Il en résulte une inspiration proche de notre pratique, dont nous nous proposons de partager les enseignements, tout en répondant aux préoccupations des différents acteurs sociaux.

Plus largement, nous interrogeons, à travers les questions de précarité et d’exclusion, l’évolution même de notre société, et ce qu’il est convenu d’appeler l’« hypermodernité » (Aubert) : nouveau rapport à la notion de limite, à l’identité, aux différences,…. Ce nouvel « ordre symbolique » (Lacan),  a des effets subjectifs tout en étant porté par chacun. S’il est, dans ce nouveau monde, des « gagnants », l’action sociale et notre clinique l’abordent par le versant de la souffrance, qui touche à la fois usagers et professionnels. Pour les uns comme pour les autres, il importe d’identifier ces processus pour pouvoir, jusqu’à un certain point, s’en déprendre, et assumer la responsabilité de son acte.

Les professionnels abordent des personnes en détresse, dans un quotidien qui évoque de plus en plus les « situations extrêmes » (catastrophes naturelles, guerres,…), tout en étant eux-mêmes souvent démunis en moyens matériels et humains, en outils de pensée permettant de contenir ces réalités nouvelles.  Pourtant, c’est dans ces situations en première approche désespérées que la créativité, mise au défi, invente de nouvelles modalités d’exercice. C’est bien entendu ce mouvement que nous nous proposons de soutenir grâce à nos supervisions et formations. Cette dynamique n’est pas sans révéler l’existence de processus nouveaux, dont la découverte donne de nouvelles perspectives à l’action.

Dans ce travail, c’est la circulation de la parole qui, au-delà des connaissances apportées ou construites, est le véritable agent de cette « résistance », dans le bon sens du terme, à l’opposé de la dé-subjectivation qu’on s’inflige pour échapper à la souffrance. D’où la place d’honneur réservée dans nos propositions aux supervisions, qui reposent sur l’échange à partir de situations, et aux actions « sur mesure », qui supposent d’emblée, à travers la demande, un premier mouvement pour se définir.

Raymonde FERRANDI

Coordonnatrice clinique et pédagogique des projets