Groupe de travail pour psychologues

Le psychologue, son "client" et l’institution, face aux situations de précarité

De janvier à décembre 2017

 

La précarité, entendue au sens large (non seulement socioprofessionnelle, mais aussi familiale, relationnelle, psychique,…), touche aujourd’hui un nombre grandissant de personnes, parmi les publics reçus par les institutions, mais aussi parmi les professionnels (emploi précaire, souffrance au travail). Elle tend à se prolonger, les ressources  personnelles des individus n’étant pas toujours à la hauteur des attaques engendrées par la crise économique, et au-delà par la nouvelle modernité.

Face à ce phénomène la mission d’ « hospitalité » (accueil, réconfort, aide) commune aux institutions, quelle que soit leur mission spécifique, est mise à mal : du côté des publics, elles semblent partagées entre un accueil minimal, au nom des valeurs d’autonomie  ou bien dans une perspective de gestion des flux, et l’ « hospitalisme », qui les rattrape souvent à leur corps défendant ; du côté des professionnels, des mesures énergiques prises pour enrayer la souffrance au travail et promouvoir le « care » le disputent aux violences persistantes.

Les psychologues ont un rôle particulier au sein des structures ou dispositifs. Ils interviennent directement  tantôt auprès des publics, tantôt auprès des professionnels (services de santé au travail). L’institution n’est pas pour autant hors champ, même si leur statut est celui de salarié membre de l’équipe : ils se doivent de penser leurs accompagnements en fonction de ce que permet le cadre ; ils sont en situation d’agir sur ce cadre lui-même (participation au comité de direction, organisation de groupes de salariés,..). Ils sont donc en situation de faire le lien entre public, professionnels, structures, depuis un statut de consultant externe ou interne, confrontés aux phénomènes de résonance et de résistance qui infiltrent ainsi l’ensemble de leur pratique.

 

Objectifs

Comme tout groupe de travail, la démarche visera à :

  • Lire sa pratique à l’aide de différentes références pouvant éclairer la clinique, en les mettant en lien, et la rendre ainsi plus réfléchie ;
  • Produire un corpus de ressources que chacun pourra utiliser ensuite à sa convenance et prolonger par ses propres élaborations ;
  • Construire des pistes de solutions par rapport aux situations problématiques sans négliger sa propre implication ;
  • Au final faire évoluer son positionnement professionnel de façon à répondre à la complexité des enjeux ci-dessus.
     

Contenus

Des approfondissements sont attendus du côté de :

1. La précarité :

  • Notion de précarité
  • Les situations de précarité
  • La précarité comme symptôme

2. La souffrance au travail :

  • Souffrance et violence
  • Rencontre entre facteurs de contexte et histoire personnelle

3. Le travail du psychologue :

  • Notions de soutien, accompagnement, psychothérapie
  • Dans le cas d’une pratique institutionnelle, la question du client : personnes accueillies ou salariées, groupes d’usagers ou de professionnels, organisation ?

4. Groupes, institutions et dispositifs :

  • Approche psychosociologique en termes de lois, de vécu conscient ou implicite
  • Approche psychanalytique en termes d’enjeux inconscients

5. Le contexte social

  • Hypermodernité : nouvelles formes de subjectivité et de sociabilité
  • Place des institutions, et des institutions de travail, dans ce nouveau contexte.
     

Par ailleurs le groupe permet une mutualisation des références autres dont peut disposer chacun des participants telles que : victimologie, psychodynamique du travail,…

Cet ensemble de références fera l’objet de tentatives d’organisation, selon différents points de vue, de façon à mieux faire jouer leur complémentarité dans les pratiques.

La théorie sera envisagée non seulement sous l’angle de sa validité, mais aussi sous l’angle des investissements qui peuvent la sous-tendre, et comme possible idéologie.

Ces contenus seront travaillés au fur et à mesure de leur mise en jeu dans des situations.

 

Modalités

10 demijournées de 3 heures, avec un groupe de 10 participants maximum. Certaines demi-journées pourront être regroupées pour laisser place à certaines analyses et développements théoriques plus longs.

Le travail alternera des études de situations et des temps plus théoriques, destinés  à approfondir les outils conceptuels et méthodologiques pouvant s’y rapporter.

 

Évaluation

La dernière réunion comporte une évaluation, qui portera sur :

  • Les apports pratiques de la démarche : changements constatés ou envisagés dans la pratique et dans le positionnement professionnel ;
  • Les contenus et la méthodologie : intérêt respectif des études de situation, des apports théoriques, des synthèses faites par l'intervenant, de la mutualisation des connaissances entre participants ;
  • La satisfaction intrinsèque liée à la participation et à la dynamique des échanges.

 

Intervenante

Raymonde FERRANDI, psychologue clinicienne et psychosociologue, psychanalyste.

Expérience en formation et supervision de professionnels dans le champ social et dans celui du travail.

 

Rencontre préalable

Un entretien avec l’intervenante est recommandé avant inscription.

 

Dates

Les réunions pourront avoir lieu de janvier à décembre 2017, sur certains mardis de 9h30 à 12h30, et de 14h à 17h.

 

Tarifs

750 € si financement institutionnel (plan de formation, FIFPL)
595 € si financement individuel du participant.

 

 

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